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Samedi 18 février 2006 6 18 /02 /Fév /2006 19:48

Un membre de la messagerie a fait connaître à JONAS un ouvrage qui situe le Vatican en 2035. Intéressant non ? En voici une courte analyse

"VATICAN 2035", par Mgr « Pietro De Paoli » chez Plon.

Il est a noter de ce Nom de Pietro De Paoli cache une personnalité qui, en raison de sa position dans l’Église, ne désire pas révéler son identité précise. Mais l’auteur est du sérail.

Derrière cette histoire-fiction de l’Église se profilent nos problèmes théologiques, disciplinaires, canoniques, pastoraux, politiques, scientifiques, médicaux … et enfin le monde.

En 1990, Giuseppe Lombardi, jeune italien, rencontre l’aumônier de son collège parisien. Il se mariera avec Chiara rencontrée à Rome aux JMJ de 2000. Benoît XVI démissionne en 2008. Le remplace un dominicain écossais. Jean XXIV, un programme : synodes continentaux, appel en vue du presbytérat de 2000 hommes mariés. Giuseppe, marqué par la mort de sa Chiara, il reste avec deux petites filles est ordonné prêtre en 2014.

La réaction s’amorce en 2015 à partir de Mexico. Pie XIII et les Templiers mènent cette réaction. Giuseppe doit s’exiler aux Indes avec ses filles. Il y négociera la Paix avec des terroristes islamistes. C’est la Black Décade. Une terrible épidémie sévit de 2014 à 2024. Punition de Dieu ? Alors repentance, restauration, suppression des jésuites, reconquête. Et du coup « choc des civilisations » entre islamistes, croisés « new-Bush » et déicitaires ( genre Onfray : toutes les religions sont homicides ). A Jérusalem un attentat détruit l’esplanade du temple et la mosquée. Le Moyen Orient et le monde sont à deux doigts de la guerre.

Enfin l’aube avec Sylvestre III, cardinal de Lyon, l’aumônier parisien de Giuseppe. Revenu d’exil ;Giuseppe est en mission pour la réconciliation à Jérusalem. Il sera Prix Nobel de la Paix en 2024. Le pape distingue une bénédiction de l’institution humaine du mariage de sa « divinisation » dans le sacrement de l’Alliance nuptiale. Il institue le tribunal de résipiscence pour des divorcés remariés, pénitents et réadmis à la communion. Il ordonne pour un clergé « curial » des hommes, certains mariés, présentés par leur communauté et des célibataires de type religieux dans un « clergé canonial » autour de l’évêque. Il meurt dans les bras de Giuseppe comme antéchrist, par un Monseigneur croate.

Vient l’heure du cardinal G Lombardi, Thomas I le 12 mars 2030. Quelques cardinaux laïcs sont nommés, dont trois femmes : la française, célibataire, elle fut théologienne en Sylvestre. L’épouse diplomate ghanéenne, la religieuse irlandaise de sœur Thérésa à Calcutta. L’évêque luthérien de Cologne est coprésident du Conseil pour l’unité des chrétiens. Jérusalem, capitale de deux états et des lieux saints des trois religions sont internationalisées. C’est le dernier coup de Thomas I et et son second Prix Nobel.

A la Pentecôte, après le songe de Jérusalem, les responsables d’autres églises sont invités par lui s’ils le veulent à monter à l’autel pour communier. Ce n’est pas la concélébration. Beaucoup de questions à résoudre encore ! Un Concile œcuménique est annoncé pour avancer vers l’Unité toujours à refaire. C’est pour son successeur. Il démissionne le 12 mars 2037. Il a échappé à un second attentat à Moscou ultra nationaliste orthodoxe, lors d’un pèlerinage privé qu’on lui a concédé. Il meurt le 12 juillet prés de son « fraternelle » son secrétaire particulier, l’auteur du livre. Une tasse de thé à la main écoutant un concerto de Ravel. Un premier attentat à Jérusalem l’avait déjà frappé. Une seule encyclique : « Remets ton épée au fourreau »

Au delà de péripéties romanesques d’appareil, il y a l’essentiel. Nos questions à chacune de ces 550 pages. Les bonnes réponses ? Rendez-vous en 2038.

Sainte Colère

La colère est, dit-on, l'un des sept péchés capitaux .. Et bien que le principal protagoniste de ce roman soit un homme coléreux, sanguin, volcanique parfois, ses emportements ne sont pas le sujet de l'histoire que j'ai choisi d'écrire. Mais c'est ma colère, en revanche, qui fut indiscutablement à l'origine de ce livre.

Il y a quelque temps, je m'agenouillai dans l'obscurité d'un confessionnal. Et je fis cet aveu à un prêtre, dont je ne vis pas le visage, et à qui le mien demeura caché: la fureur m'envahissait et la colère attristait mon âme à la vue de mon Église, incapable de proclamer la foi qui la fait vivre, impuissante à offrir à nos contemporains une parole de sens recevable et crédible.

Dans cette confession, je n'accusais pas 1'« Église». Comme certains des personnages de ce roman, quand je parle de l'Église, je ne dis pas « elle », mais « nous ». Et ce jour-là, je m'accusais donc moi-même de participer à ce silence; je confessais surtout la colère qui me rendait si aigre, qui nourrissait ma hargne, mon mécontentement, mon pessimisme.

Mon confesseur, sans doute un brave homme, ne savait pas bien sûr à qui il s'adressait. I1 me prêcha l'humilité: « Faites ce que vous pouvez, ce qui est à votre portée. » I1 ne me le dit pas, mais il pensait certainement: « Vous n'êtes qu'un serviteur ordinaire, mêlez-vous donc de ce qui vous concerne. » Son conseil, sa résignation me jetèrent dans une colère plus grande encore, et je crains d'avoir reçu ce jour-là l'absolution sans esprit de repentir ...

M'aurait-il parlé aussi librement s'il avait vu mon visage, s'il avait vu qui j'étais ? Certes non. Ainsi en est-il, également, pour ce livre: que chacun le lise pour ce qu'il raconte, pour ce qu'il propose; qu il le juge selon ses qualités et ses défauts, sans être influencé par la personnalité de l'auteur, ce qu'il a fait et ce qu'il a omis, ce qu'il est et ce qu'il a été.

S'il s'était agi d'un traité ou d`un essai, peut-être aurait-on trouvé des traces de mon amertume dans les pages qui vont suivre. Mais pour rêver l'avenir de l'Église, j'ai finalement préféré créer des personnages de chair et de sang- Giuseppe, Paddy, Paul, Leah, Jeanne-Marie, Rate, Pietro, Monica, Simon, Marc ... Ces chrétiens des cinq continents sont des hommes et des femmes exceptionnels, certes, mais aussi parfois défaillants, limités, impuissants. Ils ressemblent à beaucoup de gens que je connais, ils sont nés parfois sous ma plume du souvenir ou de la contemplation d'amis, d'intimes.

Lisant dans le marc de café de notre temps, je me suis essayé à placer ces protagonistes de papier devant les circonstances et les défis, les drames, les attentes et les questions dont accoucheront peut-être les décennies qui viennent.

La Parole que je porte est plus grande que moi; la foi qui me fait vivre ne m'appartient pas; permettez que je sois le serviteur ordinaire, qui s'efface devant celui qui sert, permettez que mon identité s'estompe au profit de l'espérance dont j'ai voulu témoigner dans les pages qui suivent.

Monsignore Pietro De Paoli Bernard, ami de JONAS a transmis quelques informations :

Bonjour,

J'adresse ce document aux titulaires d'une adresse internet de C.E.L.(Croyants en liberté ) Je l'ai trouvé, sur internet, (ce qui - et j'ai bien conscience de le répéter sans relâche ... - montre doublement l'utilité, tout simplement l'utilité, de se doter de ce moyen de communication et de connaissance) à l'occasion d'une recherche de données sur "Les Vocations", en vue d'un article qui m'a été demandé.

Outre l'ensemble des informations que donne ce document (sans oublier que ce qui se passe aux USA préfigure très souvent ce qui va arriver à tout pays lorsqu'il deviendra "développé") j'ai noté plus particulièrement - en ce qui concerne nos réflexions sur l'Eucharistie que nous menons à Croyants en Liberté. - les deux dernières lignes. Il aurait été intéressant de savoir quel est l'âge et le niveau d'"éducation" (dans les pays anglosaxons ce mot inclut les études), de culture, parmi les 70% et les 30 autres %.

Statistiques du déclin du catholicisme aux Etats-Unis
Source: Index of Leading Catholic Indicators: The Church Since Vatican II, par Kenneth C. Jones - date : 11/1/2003

  • Prêtres
    Alors que le nombre de prêtres aux Etats-Unis avait plus que doublé entre 1930 et 1965 atteignant le chiffre de 58.000, depuis lors ce chiffre est tombé à 45.000. En 2020, il y aura 31.000 prêtres – dans le meilleur des cas – et plus de la moitié de ces prêtres auront plus de 70 ans.
  • Ordinations
    En 1965, 1.575 nouveaux prêtres étaient ordonnés aux Etats-Unis. En 2002, le nombre était de 450 : en 1965, seulement 1% des paroisses américaines était sans prêtre.
    Aujourd’hui, il y a 3.000 paroisses sans prêtres, soit 15% de toutes les paroisses américaines.
  • Séminaristes
    Entre 1965 et 2002, le nombre de séminaristes a chuté de 49.000 à 4.700, un déclin de plus de 90%. Les deux tiers des 600 séminaires en fonctionnement en 1965 sont maintenant fermés.
  • Religieuses
    En 1965, il y avait 180.000 religieuses catholiques. En 2002, ce nombre est tombé à 75.000 et l’âge moyen d’une religieuse catholique est aujourd’hui de 68 ans.
    En 1965, il y avait 104.000 religieuses enseignantes. Aujourd’hui il y en a 8.200, un déclin de 94% depuis la fin de Vatican II.
  • Ordres religieux
    Pour les ordres religieux en Amérique, la fin est en vue. Prenons à titre d’exemple les Jésuites : en 1965, 30.559 jeunes gens étudiaient pour devenir prêtres jésuites. En 2000, ce chiffre est de 389.
    Pour les religieux, la situation est encore plus désastreuse: en 1965, il y avait 912 novices chez les Frères; en 2000, ils ne sont plus que sept. Chez les Franciscains, le nombre est tombé de 3 379 en 1965 à 84 en 2000.
  • Écoles catholiques
    Presque la moitié de tous les lycées catholiques aux Etats-Unis ont fermé depuis 1965. Le nombre d’étudiants est tombé de 700.000 à 386.000. Les écoles paroissiales ont connu un déclin encore plus grand. Environ 4.000 ont disparu, et le nombre d’élèves les fréquentant est tombé en dessous de deux millions – au lieu de 4,5 millions.
    Bien que le nombre de catholiques américains ait augmenté de 20 millions depuis 1965, les statistiques montrent que la puissance de la croyance catholique et la dévotion à la foi sont loin d’être ce qu’elles étaient.
  • Mariages catholiques
    Les mariages catholiques ont diminué d’un tiers depuis 1965, tandis que le nombre annuel d’annulation est passé de 338 en 1968 à 50.000 en 2002.
  • Assistance à la messe
    Un sondage Gallup de 1958 affirmait que trois catholiques sur quatre allaient à l’église le dimanche. Une récente étude de l’Université de Notre-Dame fait état d’une proportion inverse: un sur quatre.
    Seulement 10% des professeurs laïcs de religion acceptent maintenant l’enseignement de l’Église sur la contraception. 53% croient qu’une catholique peut se faire avorter et rester une bonne catholique. 65% croient que les catholiques peuvent divorcer et se remarier. 77% croient que l’on peut être un bon catholique sans aller à la messe le dimanche.
    Selon un sondage effectué par le New York Times, 70% de tous les catholiques entre 18 et 44 ans croient que l’Eucharistie est simplement un "rappel symbolique" de Jésus.

Que penserait l’auteur de « Vatican 2035 » de ces statistiques ?

Notez bien que le Courrier de JONAS 35 est publié et disponible. A demander JONAS Presbytère de Gouville 27240 GOUVILLE. Ce numéro tente de calmer JONAS en lui disant : »Allons, JONAS, ne fais pas ta crise… Souviens-toi de ce que disait Paul : « Il n’y a plus ni hommes ni femmes. »

Amitié à tous
JONAS

Publié dans : Lettres de Jonas
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Samedi 18 février 2006 6 18 /02 /Fév /2006 19:44

Dans Ninive JONAS rencontre de nombreuses questions dans le domaine de la sexualité. Il vient de recevoir de prêtres italiens un écrit au sujet de l’ « Instruction de la Congrégation pour l’éducation catholique » traitant du discernement vocationnel et de la conduite à tenir au sujet de personnes présentant des tendances homosexuelles en vue de l’admission au séminaire et aux ordres sacrés.
Déjà de nombreux articles ont été écrits traitant de la question et/ou réagissant à la position romaine, mais dont les auteurs se situent extérieurement par rapport au problème soulevé.
N’est-il pas intéressant d’entendre des personne, en l’occurrence des prêtres concernées directement ?
Pour une meilleure compréhension de la position de ces prêtres, JONAS donne le contexte de la publication.

LETTRE OUVERTE adressée à la Congrégation Vaticane de l’Éducation Catholique.

La récente Instruction de la Congrégation pour l`Éducation catholique à propos des critères de discernement des vocations dans le cas des personnes à tendances homosexuelles nous pousse à formuler quelques réflexions à son sujet. Nous nous adressons à nos frères dans le sacerdoce, aux Pasteurs et aux Supérieures religieux, aux consacrés et consacrées, aux hommes et femmes de notre société.

Nous sommes des prêtres avec des tendances homosexuelles, diocésains ou religieux, et le fait d'être tels ne nous empêche pas d'être de bons prêtres. Certains d'entre nous ont offert leur vie en mission, d'autres sont en paroisse et pasteurs d'âmes, aimés et estimés de leur peuple, d'autres encore vivent leur sacerdoce dans l'enseignement avec dévouement et professionnalité.

Notre tendance homosexuelle n'a pas constitué, comme le document voudrait le faire croire, un empêchement à ce que notre vie de ministre sacré soit animée du don de toute notre personne à l'Église et d'une authentique charité pastorale (Ck Presbyterorum Ordinis 14). Notre homosexualité ne nous met pas dans une situation de nature à constituer un obstacle grave à une relation adéquate avec hommes et femmes, comme l'affirme le document au second paragraphe: en tant qu'hommes et prêtres, nous nous sentons blessés par cette affirmation complètement gratuite. Nous n'avons pas plus de difficultés à vivre la chasteté que les hétérosexuels, parce que l'homosexualité n'est pas synonyme d'incontinence, ni d'instincts impossibles à freiner: nous ne sommes pas des malades sexuels et la tendance homosexuelle n'a attaqué ni notre santé psychique (Cf. C.I.C., can. 1051) ni nos qualités humaines et morales (C: Pastores dabo vobis, n. 35).

Selon le document, c'est un critère déterminant pour admettre un candidat, que d'éventuelles tendances homosexuelles transitoires soient clarifiées et dépassées depuis trois années avant l'ordination diaconale. Or, la majeure partie des prêtres ont vécu leur temps de formation au séminaire comme une période sereine du point de vue sexuel. En effet, en discutant entre prêtres à différentes occasions, telles que les retraites et exercices spirituels, nous nous sommes rendus compte que les difficultés, tant pour les hétérosexuels que pour les homosexuels, sont arrivées plus tard, à cause non pas de la tendance sexuelle, mais de la solitude, du manque d'amitié dans nos vies, du sentiment d'être peu aimés, et, parfois, abandonnés de nos propres supérieurs, de nos confrères, de nos communautés. En outre, en ce qui nous concerne, plusieurs d'entre nous ont pris conscience de leur homosexualité seulement après l'ordination.

Ce document donne l'impression qu'il naît en fait d'une volonté de réagir au cas de pédophilie récemment révélés notamment dans les Églises américaines et brésiliennes. Il faut remarquer cependant que la tendance homosexuelle n'est pas proprement synonyme de pédophilie.

Le document suscite un autre constat: les homosexuels y sont perçus comme des gens nécessairement insérés dans une culture gay, exhibitionniste, agressive, à la marge, une philosophie de vie perçue par beaucoup comme contraire à toute règle morale, où tout est permis. Certes, certaines manifestations du monde gay naissent comme une revanche pour les années de ghetto et de persécution dans lequel le monde homosexuel a été tenu prisonnier, mais tout le monde gay n'est pas d'accord avec de telles manifestations. En tout cas, aucun de nous n'assume des comportements extravagants ni n'accepte une permissivité hédoniste sans loi morale.

Dans le document, il semble que le problème majeur pour être de bons prêtres soit la tendance sexuelle, quitte à passer rapidement sur certains styles de vie qui, bien qu'irréprochables du point de vue sexuel, sont cause de scandale pour certains fidèles: nous pensons au luxe, à l'attachement à l'argent, aux excès de pouvoir, à la mise à distance des problèmes des gens. Nous au contraire, nous considérons notre homosexualité comme une richesse, parce qu'elle nous aide à partager la marginalisation et la souffrance de tant de gens: pour paraphraser saint Paul, nous pouvons nous faire tout à tous, fragiles avec les fragiles, marginaux avec les marginaux. L'expérience montre que notre condition homosexuelle, vécue à la lumière de L'Évangile et sous l'action du Saint-Esprit, nous met en mesure de soutenir et appuyer sur leur chemin de foi les frères et les soeurs qui ont des tendances homosexuelles, pratiquant une pastorale que l'Église reconnaît nécessaire et souhaitable.

L'Église qui a reçu le ministère de la réconciliation (Cf. 2 Cor. 5,18) a besoin de se réconcilier avec l'homosexualité, réalité que vivent tant de croyants, fils et filles de Dieu, hommes et femmes de bonne volonté qui ont le droit de trouver en elle un abri pour leur âme.

I1 est évident que comme toutes les personnes honnêtes, nous ne pouvons nier notre fragilité, condition de notre nature humaine: nous portons le don de Dieu dans des vases d'argile (Cf. 2 Cor 4,7), mais notre situation n'est pas un obstacle à être des pasteurs selon le coeur de Dieu.

Or, après la publication du document en question, nous éprouvons un sentiment de plus grand malaise, comme si notre vocation n'était pas authentique. Nous nous sentons comme des fils abandonnés et non aimés de cette Égliseà laquelle nous avons promis et donné fidélité et amour. Nous nous sentons comme des «frères inférieurs » dans un presbyterium dans lequel nous semblons être entrés presque clandestinement.

Cette lettre ouverte est un texte préparé par 39 prêtres, 28 diocésains et 11 religieux d'Italie et adressé à la Congrégation de l'Éducation Catholique, à propos du dernier document sur les prêtres à tendances homosexuelles.

Ne retrouvons nous pas dans ce témoignage ce qu’écrit Jean – François NOEL ( prêtre et psychanalyste ) dans le Journal La Croix du 9 Janvier, article intitulé « Vous êtes un inhibé sexuel »
« Ainsi, peu importe la sexualité que nous choisissons si elle nous mène sur le chemin de l’autre. Et quand il y a de l’autre, Dieu n’est pas bien loin ! Et c’est lui qui l’a dit ! »

Contexte et contenu du document romain.

Benoît XVI a approuvé l'Instruction le 31 août et publiée le 19 avril 2005.
Publié officiellement en italien le 29 novembre 2005
Contenu du document (traduction )

Il donne des normes sur une question particulière, rendue plus urgente par la situation actuelle (situazione attuale), celle de l'admission ou non au Séminaire et aux Ordres sacrés des candidats qui présentent des tendances homosexuelles profondément enracinées. » (§ 2)
On évitera à leur égard [des personnes homosexuelles] toute marque de discrimination injuste (§ 7)
On ne peut pas admettre au Séminaire et aux Ordres sacrés ceux qui pratiquent l'homosexualité, présentant des tendances homosexuelles profondément enracinées ou soutiennent ce qu'on appelle la culture gay » (§ 9)
Au cas où il s'agirait de tendances homosexuelles qui seraient seulement l'expression d'un problème transitoire...elles doivent de toute façon être clairement dépassées au moins trois ans avant l'Ordination diaconale (§ 10)
Pour admettre un candidat à l'Ordination diaconale, l'Église doit vérifier, entre autres, qu'il a atteint la maturité affective du candidat au sacerdoce (§ 12)
Si un candidat pratique l'homosexualité ou présente des tendances homosexuelles profondément enracinées, son directeur spirituel, comme d'ailleurs son confesseur, ont le devoir de le dissuader, en conscience, d'avancer vers l'Ordination (§ 151
Il serait gravement malhonnête qu'un candidat cache son homosexualité pour accéder,
malgré tout, à l'Ordination (§ 16)

Une observation

Timothy Radcliffe, ancien prieur général des dominicains, remarque qu'«Il est extrêmement urgent que nous formions des prêtres qui ont de la "maturité sexuelle" et qui sont capables de se rapporter facilement à des hommes et à des femmes. Selon lui, ce document essaie d'identifier des critères pour aider à discerner cette maturité et souligne des sujets d'une importance indéniable. I1 faut appliquer ces critères également à tous les candidats, n'importe pas leur orientation sexuelle. Le danger, c'est que les plus honnêtes donc s'en aillent bien que les moins honnêtes restent, ainsi nous formerons une prêtrise immature, pas bien dans leur peau, et qui risque d'abuser. Il est donc le plus important que ces critères ne soient pas interprétés d'une manière qui pousse les personnes à se cacher. Cela empêcherait la formation des prêtres qui ont de la maturité affective ».
( texte joint à celui des prêtres Italiens )

Jonas a lu dans le Journal La Croix
ce que Timothy Radcliffe dit dans une participation à un colloque organisé à l’initiative de l’association Chrétiens et sida sur le discours chrétien sur la sexualité le 14 janvier dernier. Invité à s’exprimer sur l’homosexualité Timothy Radcliffe a fait part de sa perplexité sur ce qu’il convient de dire à ce sujet :
« Si l’Église veut arriver à une éthique sexuelle profonde, il ne faut pas parler mais écouter.
La prochaine étape est d’écouter ce qu’est l’expérience des personnes homosexuelles dans l’Église»
(rapporté par Mélodie Maurot de La Croix)

Publié dans : Lettres de Jonas
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Samedi 18 février 2006 6 18 /02 /Fév /2006 19:41

Il y a quelques jours, Robert, de sa Bretagne a adressé à JONAS sa méditation de fin d’année et aussi d’ouverture de la nouvelle.
JONAS a pensé que ces quelques lignes d’un membre du groupe pouvait nourrir la méditation de bien d’autres d’horizons variés.
La méditation de Robert ne rejoint-elle pas la conclusion de la dernière lettre qui contait une action des anges pour consoler le Jésus de la crèche…sous l’œil bienveillant de Joseph ?
Bonne méditation et que 2006 continue à ce que tous nous nous demandions : « où Dieu nous attend-t-il alors ? »

JEUNESSE DU CHRISTIANISME

Parler de Jeunesse du Christianisme peut paraître d'abord curieux ou provoquant. Deux mille ans, ce n'est quand même pas rien en comparaison avec l'expérience de vie de chacun de nous!

Et pourtant plusieurs penseurs, théologiens et évêques osent parler ainsi et cela me convient très bien.
Alors, qu'est-ce que çà veut dire ?

Plusieurs choses me semble-t-il ....

D'abord, bien sûr, il faut faire référence à ce que nous savons désormais de l'histoire du monde et de l'humanité. Pour ne parler que de l'humanité on nous dit qu'il faut envisager entre 5 et 6 millions d'années. Qu'est-ce que 2.000 ans par rapport à cela ?

Du coup il faut aussi, d'abord, se dire que le christianisme a été précédé par une période énorme de Vie religieuse diversifiée, multiple, de la part de nos ancêtres et qu'il a bien été marqué, de quelque façon, par ces recherches et ces pratiques de quelques millions d'années.

Cela admis, il reste cependant que par rapport à tout ce passé, le christianisme, dans la continuité du Monothéisme juif, se présente avec une nouveauté radicale.

Il affirme en effet que Dieu, I'Unique, ne s'est plus contenté des démarches religieuses des hommes dont il était, bien sûr, I'inspirateur plus ou moins bien compris.

On peut présenter cela de différentes façons, mais ce qui est clair c'est que le Christianisme dit que Dieu est venu lui-même parmi nous comme homme en Jésus de Nazareth. Autrement dit: un homme de notre terre, à telle époque précise et en tel pays connu de tous, s'est révélé être Dieu lui-même venant nous dire et manifester son Amour.

Personne n'est obligé de croire cela qui a toutes les apparences de la folie. Mais si on y croit il faut continuer à en tirer les conséquences.
Lesquelles ?
J'en propose quelques unes ...

D'abord, Jésus n'est évidemment pas un fondateur de religion à ajouter à d'autres fondateurs comme Moïse ou Confusius. Il a vécu et suivi la religion de son peuple telle qu'elle existaità son époque, au moins de façon globale.

Son message est autre. Par delà les pratiques religieuses qui sont normales pour quiconque croit en Dieu, il est venu nous dire que Dieu, son Père, nous attend ailleurs.

Où Dieu nous attend-t-il alors ?
Radicalement dans l'amour et le service concret du frère humain.

Si nous lisons certains des textes fondateurs du Message de Jésus comme les Béatitudes, dans St-Matthieu au chapitre 5 et Luc au chapitre 6, ou la scène du jugement dernier au chapitre 25 de Matthieu, nous découvrons qu'il n'y a, dans ces textes essentiels, aucune référence à des pratiques religieuses.

Être disciple du Christ et recevoir la récompense finale est radicalement lié à l'attitude et au comportement envers les frères humains: ce que nous leur faisons, nous le faisons au Christ lui-même. Et cela veut dire aussi que tout frère humain est image de Dieu. Présence de Dieu sur notre route humaine.

Or il est clair que cela demeure totalement neuf 2.000 ans après Jésus.
C'est neuf car c'est inouï et comme incroyable.

C'est neuf car aucun de nous ne peut dire qu'il le vit véritablement dans la totalité de sa vie.
Du coup le Message, la Bonne Nouvelle demeure bien une réalité toute neuve qui nous est confiée et que nous avons à transmettre dans sa pleine nouveauté.

Dès lors, tout l'environnement religieux, toute l'organisation religieuse du christianisme sont relatifs à cela. Et ils sont, tout naturellement appelés à évoluer au cours des siècles. Les craquements que nous pouvons ressentir actuellement sont à resituer dans cette perspective.

L'essentiel, lui, est tout neuf: nous sommes divins, frères du Christ, fils réels de Dieu et nous avons à nous traiter comme tels.

Robert SANSEAU ( prêtre du MORBIHAN.)

JONAS COMMUNIQUE :

Femmes & Hommes En Église Genre en Christianisme
Colloque International et Œcuménique
Vendredi 20 et Samedi 21 Janvier 2006
FIAP Jean Monnet 30, rue Cabanis PARIS 14ème Femmes prêtres
Enjeux pour la société Et pour les Églises
La parité et le partenariat entre les hommes et les femmes sont aujourd’hui des exigences, des chances et des valeurs-clés pour toute vie communautaire

VENDREDI 2006 à 20heures : Jean BAUBEROT Président d’honneur de l’Ecole pratique des hautes études..
: Laïcité, Femmes, Religions – La Laïcité est-elle gage d’égalité ?
FIAP Jean Monnet 30 rue Cabanis PARIS 14ème M° Glacière.
Participation aux frais : 10 €

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